Entrevue avec Catherine Belokapov, coordinatrice de programme bilingue au YMCA du Grand Toronto

Aujourd'hui, nous sommes allés à la rencontre Catherine Belokapov, coordinatrice de programme bilingue au YMCA du Grand Toronto.

BelokapovCatherine

 

  • En quelques mots, qui êtes-vous, quel est votre parcours et quelle fonction exercez-vous ?
  • Bonjour, je suis Catherine Belokapov, je suis coordinatrice de programme bilingue au YMCA du Grand Toronto. Auparavant j’ai exercé dans les services communautaires francophones et anglophones ainsi que dans le secteur de l’établissement.

 

  • ​Pourriez-vous nous présenter le programme de services de soutien aux clients pour la gestion de cas national des réfugiés parrainés ? 
  • Il s’agit d’un programme national offrant des services d’établissement spécialisés pour répondre aux besoins complexes des réfugiés parrainés par le gouvernement au cours de leurs 12 à 24 premiers mois de réinstallation au Canada. Il répond à leurs besoins grâce à un modèle unique qui offre la gestion de cas intensive, le renforcement des capacités communautaires et le soutien professionnel normalisé. L’équipe nationale de coordination est basée au YMCA du Grand Toronto, où elle travaille avec 16 organismes partenaires de fournisseurs de services partout au Canada pour coordonner et exécuter ce programme dynamique.

 

  • Par qui ce programme est-il financé ? 
  • Ce programme est financé par IRCC (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada).

 

  • Pourriez-vous nous donner quelques chiffres sur votre clientèle francophone ?
  • Tout à fait, selon le dernier rapport annuel (2019-2020), 1% des GARs sont francophones (59 clients sur un total de 4470). Le plus grand nombre (15) se trouve en Ontario (Ottawa). En effet, nous avons des partenaires bilingues dans cette ville. Concernant la connaissance de la langue française, 4% déclarent parler français couramment (contre 9% qui la maîtrisent à un niveau faible à moyen).

 

  • Vous avez récemment présenté ce programme au sein des CLIFs. Quel est le but de cette démarche ?
  • L’un des volets de ce projet est d’étendre les partenariats auprès d’organismes à travers le Canada. Cette présentation s’inscrit dans une stratégie d’engagement communautaire et de développement professionnel. Ce poste de coordination bilingue est nouveau, j’ai donc à cœur de le faire connaître auprès du secteur de l’établissement francophone, avec qui j’ai déjà collaboré par le passé.

 

  • Si vous aviez un message à faire passer aujourd'hui, à qui s'adresserait-il : aux nouveaux arrivants francophones, aux collectivités, aux membres de la communauté, aux organismes ? Quel serait-il ? ​
  • Le Gouvernement du Canada va continuer d’accueillir de plus en plus de réfugiés. Aujourd’hui je pense qu’il est important d’œuvrer ensemble au développement d’un modèle pérenne et uniforme pour la gestion de cas des réfugiés parrainés par le gouvernement. En effet, les besoins des nouveaux arrivants sont souvent complexes et nécessitent déjà un travail croisé entre les différents acteurs du secteur (besoins en santé, accessibilité, logement, emploi…). Ce message s’adresse particulièrement aux travailleurs sur le terrain (organismes d’établissement, centres de santé communautaires…) car leur expérience nous est précieuse pour améliorer les plans d’établissement et communiquer les tendances dans l’accueil des réfugiés au bailleur de fonds.

 

  • Comment envisagez-vous la collaboration avec le RIF CSO pour contribuer à la réinstallation des réfugiés francophones parrainés par le gouvernement par les organismes francophones ?
  • Je dirais que la collaboration a commencé lorsque le RIFCSO m’a convié à présenter le programme à l’équipe, puis au comité local d’immigration francophone et en me donnant la parole ici. Je vous remercie de m’offrir cette opportunité. Faire connaître le programme est une première étape. Ensuite, dans le cadre du développement professionnel continu que nous assurons auprès des partenaires des services de soutien au client, nous répondons aux demandes de formation et organisons des ateliers autour de sujets précis. Il est possible par exemple d’inviter des experts pour discuter d’un sujet ou d’un besoin spécifique. Nous organisons cet échange et rendons possible l’apprentissage croisé pour partager les meilleures pratiques ou initiatives innovantes dans le secteur de l’établissement et la réinstallation des réfugiés.